בס "ד

25 L’assemblée délivrera le meurtrier involontaire de la main du vengeur du sang, et elle le ramènera dans sa ville de refuge où il s’était réfugié ; il y demeurera jusqu’à la mort du souverain sacrificateur qui avait été oint de l’huile sainte. (Nombres 35:25)

La structure des lois relatives à l'homicide involontaire, aux villes de refuge et à la vengeance du sang est complexe et déconcertante, notamment l'idée que la Torah autorise un civil, non désigné par le tribunal, à venger le sang du défunt. J'aborderai néanmoins un autre point cette semaine.

La Sfat Emet (Parshat Maasei) pose une question sur le verset cité ci-dessus : pourquoi le sursis accordé au meurtrier involontaire est-il lié à la mort du Grand Prêtre ?  

Le Talmud mentionne un fait historique intéressant : la mère du Grand Prêtre s’occupait souvent des repas des habitants des villes de refuge. Elle veillait à leur confort et à ce qu’ils soient bien nourris, espérant ainsi les dissuader de prier pour la mort du Grand Prêtre (Makkot 11a). Pourquoi la mère du Grand Prêtre se souciait-elle de cela ? Après tout, le fait que le meurtrier accidentel se soit retrouvé dans une ville de refuge est le fruit du processus légal ; pourquoi le Grand Prêtre devrait-il voir son sort dépendre de l’état émotionnel et spirituel du meurtrier (notons que la Torah qualifie de meurtrier celui qui tue accidentellement) ? Et pourtant, c’est Dieu Lui-même qui l’a ordonné ainsi.

Rachi, commentant notre verset, répond à notre question ainsi : “ car le Grand Prêtre aurait dû prier pour sa génération afin qu’une telle chose ne se produise jamais. ” Autrement dit, en tant que chef spirituel du peuple juif, le Grand Prêtre, seul habilité à pénétrer dans le Saint des Saints et à accomplir l’expiation pour toute la nation d’Israël, aurait dû user de sa position unique pour protéger les siens en prévenant la tragédie. Tel est le niveau de conscience qu’exige le leadership sacerdotal.  

Le Talmud ne mentionne la prière qu'en ce qui concerne la mère du Grand Prêtre. Où Rachi situe-t-il l'obligation pour le Grand Prêtre lui-même de prier de cette manière pour sa génération ?  

Plus loin dans le passage, le Talmud mentionne le lien entre l'accidentel 

Le pardon accordé au meurtrier et la mort du Grand Prêtre ne sont établis que si ce dernier était en fonction au moment du prononcé du verdict. Si le Grand Prêtre décède durant la procédure et que le verdict est prononcé avant l'onction d'un nouveau Grand Prêtre, le meurtrier accidentel est placé en cité de refuge pour l'éternité. En revanche, si le Grand Prêtre est oint durant la procédure et est en fonction lors du prononcé du verdict, la date de son décès devient la date du pardon accordé au meurtrier accidentel.

On peut se demander : est-ce juste ? Le nouveau grand prêtre n'était même pas en fonction au moment du meurtre – pourquoi sa vie devrait-elle être en jeu maintenant ?

Le Talmud répond que, car il aurait dû prier pour que le meurtrier involontaire soit reconnu innocent. C'est sur cette base, conclut le Sfat Emet, que l'explication de Rachi se comprend. De plus, il affirme que, parce que le Grand Prêtre porte une part spirituelle dans la tragédie, le meurtrier involontaire quitte la ville de refuge précisément le jour de la mort du Grand Prêtre ; sa mort expie ainsi leurs fautes respectives.

Deux leçons essentielles se dégagent de cet exemple. Premièrement, la puissance de la prière est si intense qu'elle peut donner la vie comme la mort. Deuxièmement, le leadership implique la responsabilité de veiller à la rectification du monde. Il est intéressant de noter que le Grand Prêtre n'était pas tenu de prier pour l'incarcération de celui qui, selon la loi de la Torah, méritait ce châtiment. Nous possédons un sens inné de la justice qui ne trouve sa satisfaction que lorsque celui que nous considérons comme coupable paie pour ses actes. En effet, lorsque le jugement de la Torah est appliqué correctement – même s'il entraîne l'exil ou l'exécution – le Nom de Dieu est sanctifié dans le monde, et c'est un motif de louange. Mais cette distinction est réservée à la Loi divine, et non à notre propre désir de vengeance. Notre mission est de créer un monde où les êtres humains sont protégés et où le mal n'a pas sa place.

Puissions-nous avoir la force de prier – et d’agir – pour la rectification de notre monde, et la bénédiction de voir les fruits de nos efforts.


Bon Shabbat ! Shabbat Shalom !

Par le rabbin Tani Burton

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