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Pire que l'idolâtrie
Parashat Ki Tisa. La lecture de la Torah de cette semaine s'intitule Ki Tisa, et le récit principal est celui du Veau d'or. Nos sages ont ajouté une lecture des prophètes après la lecture habituelle de la Torah (Mélachim 1, chapitre 18). Dans cette lecture additionnelle, nous trouvons une histoire très intéressante concernant le prophète Élie et son interrogatoire du peuple juif : « Jusqu'à quand allez-vous hésiter ? »
Basé sur Likutei Sichot, vol. 1, p. 183
Le livre de cette semaine s'intitule “ Ki Tisa When You Count ” et aborde la longue histoire du veau d'or. Je ne vous en dévoilerai pas les détails ; je vous invite à la découvrir par vous-même.
Il fut un temps où les non-Juifs qui régnaient sur la terre d'Israël interdirent aux Juifs d'étudier la Torah. En réaction, nous avons instauré une pratique : au lieu de lire les cinq livres de Moïse, nous lisons des passages choisis des Prophètes, en lien avec la paracha hebdomadaire. Ainsi, nous ne perdons pas pour autant le sens de la lecture de la Torah.
Avec le temps, ce décret interdisant l'étude de la Torah fut levé pour une raison inconnue, et nous avons repris la lecture de la Torah comme auparavant. Cependant, nous avons conservé la pratique de lire les Prophètes en parallèle de la portion de la Torah. Cette lecture supplémentaire s'appelle la Haftarah. Généralement, la Haftarah est liée à la portion hebdomadaire de la Torah.
La Haftarah de cette semaine relate un épisode célèbre du prophète Élie et de sa confrontation avec les prophètes de Baal et l'idolâtrie. Le conflit s'envenima au point qu'un feu descendit du ciel, prouvant que “ Dieu est l'Éternel ! ” – une proclamation que le peuple répéta en assistant à ce grand miracle.
À un moment du récit, Élie demande au peuple : “ Jusqu’à quand hésiterez-vous entre deux opinions ? ” Au lieu de simplement s’interroger sur les raisons de leur idolâtrie, il leur demande pourquoi ils tentent de suivre deux voies à la fois : adorer Dieu et adorer des idoles. Cela laisse entendre qu’il existe quelque chose de pire encore que l’idolâtrie pure et simple : l’hésitation entre les deux.
Pourquoi est-ce pire ?
L'idolâtrie est profondément ancrée dans les désirs humains. Les gens recherchent les bénédictions divines – argent, santé, enfants, bien-être – et lorsqu'ils ont l'impression que le culte des idoles leur apporte des bienfaits tandis que leurs prières à Dieu restent sans réponse, ils peuvent abandonner Dieu totalement au profit des idoles. Ils placent alors toute leur confiance dans les idoles et passent à autre chose.
Il existe cependant un scénario encore pire : Shituf (association). C'est le cas lorsqu'une personne croit en Dieu, Le reconnaît comme le Seigneur suprême, mais pense néanmoins que d'autres forces — idoles, intermédiaires — exercent un pouvoir sous Son autorité. Elle croit que Dieu est distant ou indifférent, et prie donc des idoles tout en continuant de croire en Lui.
Cette incertitude fluctuante engendre un état spirituel pire que l'idolâtrie pure et simple. Voici pourquoi :
- Le doute rend le retour à Dieu plus difficile.
Si une personne est pleinement engagée dans l'idolâtrie mais réalise plus tard son erreur, le chemin du repentir est clair : elle l'abandonne complètement et revient à Dieu. Mais si une personne hésite constamment, elle reste engluée dans la confusion et le doute, ce qui rend beaucoup plus difficile la reconnaissance de son erreur et le repentir. - La spiritualité égocentrique aveugle une personne.
Si une personne vénère des idoles uniquement par intérêt personnel – matériel ou même spirituel –, elle se retrouve prisonnière de ses propres désirs. Même si elle vit des expériences mystiques ou ressent une plénitude spirituelle, elle reste centrée sur elle-même plutôt que sur la vérité. Cela la rend moins susceptible de rechercher le vrai Dieu. - Cela sème la confusion chez les autres.
Il est facile de reconnaître une personne ouvertement idolâtre comme étant dans l'erreur. On la considère simplement comme fausse. Mais lorsqu'une personne mêle croyance en Dieu et idolâtrie, elle sème la confusion. Ceux qui l'écoutent peuvent être amenés à croire, à tort, qu'une telle croyance mixte est acceptable. C'est le cas aujourd'hui de certains kabbalistes sur Internet qui enseignent des idées correctes tirées de livres, mais qui, personnellement, ne croient même pas en Dieu. Ils finissent par induire les autres en erreur et les plonger dans le même doute.
C’est pourquoi Élie a demandé au peuple : “ Jusqu’à quand hésiterez-vous entre deux opinions ? ” Cet état d'incertitude est encore pire que l'idolâtrie pure et simple.
C’est peut-être là le message que nos sages ont voulu nous transmettre en choisissant cette Haftarah après la lecture de la Torah sur le Veau d’or. À première vue, vénérer une statue d’or semble absurde : qui se prosternerait devant une idole inanimée ? (Pourtant, selon la tradition, le Veau d’or n’était pas totalement inanimé ; il bougeait et mangeait même.)
Le véritable avertissement concerne une forme d'idolâtrie plus subtile et dangereuse : celle qui semble inclure Dieu, mais qui, en fin de compte, éloigne les gens de Lui. C'est pourquoi la Haftarah nous rappelle que la foi en Dieu doit être totale et sans partage.
Discours du rabbin Tuvia Serber
Le texte ci-dessus est une représentation du texte parlé converti en texte écrit.
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