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UNE RÉFLEXION SUR PARSHAT METZORA 5785
La guérison du Lashon Hara : le rituel de purification du lépreux comme leçon de vie
Le Lévitique 14:1-7 décrit le rituel de purification du lépreux. Ce rituel, riche en symbolisme, nous offre des enseignements précieux sur l'usage du langage et la lutte contre le lashon hara (paroles malveillantes). Bien que ce rituel puisse paraître étrange au premier abord, ses actions et ses symboles peuvent nous guider vers une parole pure et éthique au quotidien.
Le rituel des deux oiseaux
Le prêtre examine le lépreux et confirme sa guérison, après quoi commence le rituel de purification. Deux oiseaux sont utilisés, ainsi que du bois de cèdre, du fil cramoisi et de l'hysope. L'un des oiseaux est sacrifié au-dessus d'un récipient d'eau pure, tandis que l'autre est aspergé du sang de l'oiseau sacrifié puis relâché. Ce rituel symbolise la purification du corps et de l'âme.
Le symbolisme des oiseaux est particulièrement significatif. Rachi explique que les oiseaux doivent être sains et exempts de maladie, ce qui souligne la pureté du rituel (Rachi sur Lévitique 14:4). On peut y voir un parallèle avec la médisance : de même que l’oiseau ne doit être porteur d’aucune maladie, nos paroles doivent être exemptes du “ mal ” de la calomnie et des commérages.
De plus, les oiseaux doivent être de la même espèce. Ramban explique qu'ils doivent non seulement être de la même espèce, mais aussi de taille et de valeur similaires. Ceci symbolise l'égalité et l'équilibre. Le prêtre ne doit pas seulement purifier physiquement le lépreux, mais aussi l'aider à adopter une attitude équilibrée et humble (Ramban sur Lévitique 14:4).
Lashon Hara et le bavardage des oiseaux
Dans la tradition juive, le gazouillis des oiseaux est souvent perçu comme une métaphore du lashon hara, la médisance. Dans le Midrash Tanchuma (Metzora 8:2), le gazouillis des oiseaux est spécifiquement associé au lashon hara, car il symbolise la propagation de paroles nuisibles et infondées. De même que les oiseaux gazouillent sans cesse, les gens, dans leurs conversations, tiennent souvent des propos blessants ou infondés qui peuvent nuire ou détruire autrui. De même que le lépreux est physiquement malade à cause de ses péchés, en particulier de la calomnie, le lashon hara peut rendre l'âme “ malade ”. Le rituel de purification du lépreux nous rappelle que purifier notre langage des paroles nuisibles est essentiel à la guérison spirituelle.
L'oiseau sacrifié représente les dégâts que nos paroles peuvent causer. L'autre oiseau, libéré, symbolise la délivrance de ces dégâts. Ce rituel nous rappelle notre responsabilité face aux paroles que nous prononçons et notre capacité à réparer les dommages causés en purifiant nos mots et en rétablissant l'équilibre.
Le symbolisme du cèdre et de l'hysope
Le symbolisme du cèdre et de l'hysope joue un rôle crucial dans ce rituel. Le bois de cèdre est associé à la majesté, à la force et à la fierté, tandis que l'hysope est une plante humble et modeste. Ibn Ezra explique que le cèdre est le plus grand des arbres et l'hysope le plus petit, symbolisant l'équilibre entre grandeur et humilité. Ceci souligne la nécessité d'harmoniser nos paroles et nos actes, notamment dans nos relations avec autrui (Ibn Ezra sur Lévitique 14:4).
Le Midrash Tanchuma (Chukat 14:2) explique que le cèdre, associé à l'orgueil, nous rappelle les dangers de l'arrogance et de la vanité, comme l'illustre l'histoire du roi Ozias (2 Chroniques 26:16), dont l'arrogance lui valut la lèpre. L'hysope, la plus petite des plantes, symbolise quant à elle la nécessité de l'humilité pour guérir. C'est là un enseignement précieux pour lutter contre la médisance : nous devons nous dépouiller de notre orgueil et faire preuve d'humilité dans nos paroles, car seule l'humilité nous permet de guérir véritablement des blessures que nous pouvons infliger par nos mots.
L'importance de l'éthique et de la parole
Dans son commentaire sur le Lévitique 14, le rabbin Alshich explique que le rituel du lépreux ne vise pas seulement la purification physique, mais aussi la purification spirituelle. Ce rituel nous enseigne que la purification du lashon hara commence par le repentir, l'humilité et la recherche du pardon. La purification du lépreux symbolise la purification des péchés de médisance, souvent issus de l'arrogance et de l'orgueil (Rabbi Alshich sur le Lévitique 14).
Selon le Talmud, la médisance (lashon hara) est souvent perçue comme une source de destruction au sein d'une communauté. Elle brise les relations, cause du tort et peut même engendrer des maladies. Le rituel du lépreux nous rappelle la nécessité d'être vigilants quant à nos paroles et de nous purifier des propos nuisibles. Rabbi Alshich évoque les cinq catégories de discours selon Maïmonide, soulignant que la forme de discours la plus élevée est celle qui est liée à la Torah et aux commandements (Rabbi Alshich sur Lévitique 14 ; Maïmonide)., Mishneh Torah).
Les cinq catégories de discours peuvent être classées comme suit, de la plus noble à la plus nuisible :
- Torah et commandements – Discours visant à étudier la Torah et à accomplir les commandements. Il est considéré comme la forme de discours la plus élevée et la plus noble, car il contribue directement à la croissance spirituelle et à l'accomplissement de la volonté divine.
- Louer les vertus et critiquer les vices – Discours visant à louer les qualités ou à critiquer les défauts. Ce type de discours peut être constructif, car il aide autrui à reconnaître ses vertus ou à corriger ses vices.
- Raconter les événements – Un discours vrai, mais qui souvent n'apporte rien de nouveau ou n'est pas nécessaire au contexte. Il peut parfois être neutre, mais il présente peu d'intérêt pour l'amélioration spirituelle ou éthique.
- Conversations quotidiennes Les propos portant sur des sujets quotidiens comme la nourriture, le travail et autres thèmes non spirituels, bien que non nuisibles en soi, ont peu d'influence sur le progrès spirituel et peuvent entraîner un gaspillage inconscient de temps et d'énergie.
- Faux témoignages et ragots – Les propos diffamatoires ou calomnieux sont les plus viles et les plus destructeurs qui soient, car ils portent atteinte à la réputation d'autrui, détruisent les relations et causent un préjudice spirituel en propageant des mensonges.
Ce rituel nous enseigne que les mots, à l'instar de la guérison du lépreux, peuvent avoir des effets profonds. En purifiant nos paroles de lashon hara, nous pouvons accéder à une guérison à la fois physique et spirituelle.
Conclusion : le chemin vers la guérison du Lashon Hara
Le rituel de purification du lépreux offre de précieux enseignements sur l'usage du langage et le pouvoir des mots. Les deux oiseaux, le bois de cèdre et l'hysope sont des symboles puissants qui nous rappellent la nécessité de purifier notre langage de l'influence néfaste du lashon hara. La guérison du lépreux n'est pas seulement un processus physique, mais aussi spirituel, empreint d'humilité, de repentir et de responsabilité quant à nos paroles.
En appliquant les leçons de ce rituel, nous pouvons contribuer à une société où l'on s'encourage mutuellement par des paroles bienveillantes et positives, et où l'influence néfaste du lashon hara peut être guérie.
Par Angelique Sijbolts
Nous remercions le rabbin Tani Burton pour ses commentaires.
Sources :
• Lévitique 14:1-7
• Rachi, Ibn Ezra, Ramban et Rabbi Alshich sur Lévitique 14
• Midrash Tanchuma Buber, Metzora 8:2
• Midrash Tanchuma Buber, Chukat 14:2
• Maïmonide, Mishneh Torah, Hilkhot De'ot
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