בס "ד


Une perspective juive sur Genèse 6:2

Le verset mystérieux

“ וַיַּרְאוּ בְנֵי הָאֱלֹהִים אֶת־בְּנוֹת הָאָדָם כִּי טֹבֹת ”


“ Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils prirent pour femmes celles qu’ils choisirent. ” (Genèse 6:2)

Ce verset bref mais mystérieux a suscité des siècles d'interprétation.


Qui étaient ces “ Bnei HaElohim ” - le fils de Dieu?

La tradition juive préserve deux voies d'interprétation distinctes, chacune enracinée dans un domaine différent de la compréhension de la Torah :

Pshat (Sens simple) : Les personnes de pouvoir et d'autorité

La plupart des commentateurs juifs classiques expliquent que les Bnei HaElohim étaient humains — hommes puissants, juges ou dirigeants qui ont abusé de leur statut.

Message moral (Pshat) :
Ceux qui exercent une influence doivent le faire de manière responsable.
Lorsque les dirigeants abandonnent la justice, la société s'effondre.

Note linguistique :
La Torah commence par “Bereshit bara Elohim” — “ Dieu créa. ”
Ici, dans “ Bnei HaElohim ”, le mot Elohim fait pas se référer à Hashem Lui-même.
En Pshat, cela signifie figures d'autorité — des humains puissants, pas des êtres divins.

Drash (Lecture midrashique/mystique) : Les anges qui sont tombés

Une tradition midrashique plus profonde interprète Bnei HaElohim comme êtres célestes, des anges descendus sur terre et ayant échoué à une épreuve morale.

“ Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? ” (Psaume 8:5)

Dieu leur permit de descendre sur terre pour prouver leur supériorité. Mais eux aussi succombèrent à la tentation et à la corruption humaines. Leur chute engendra… Néphilim — littéralement, “ les déchus ”.”

Note de la source :

הנפילים – ענקים שהיו מצאצאי שמחזאי ועזאל שנפלו מן השמים בימי אנוש
(Rachi sur Niddah 61a ; Targum Yonatan sur Genèse 6 : 4)

La tradition midrashique ajoute que ces anges sont descendus durant les jours de Na'amah, sœur de Tuval-Kayin, et ont péché avec l'humanité.

Leur chute morale est commémorée symboliquement dans le Se'ir La'Azazel (bouc émissaire) de Yom Kippour, qui expie les péchés de immoralité sexuelle — faisant écho à la corruption de ces êtres déchus.

Ces Néphilim n'étaient pas seulement des géants par leur taille, mais aussi par leur effondrement moral — autrefois pures et nobles, elles devinrent l'incarnation de l'orgueil et du désir sans retenue.

Message moral (Drash) :

Même les plus grands peuvent faillir.

La grandeur spirituelle sans humilité mène à la destruction.

Compréhension juive et chrétienne

Dans la tradition juive, l'expression “ Ben Elohim ” — “ fils de Dieu ” — ne désigne jamais une divinité littérale ni une descendance biologique.

Il s'agit plutôt de une relation étroite avec Dieu ou une mission spéciale:

Comme Rabbi Tovia Singer explique :

“ Dans le Tanakh, un ‘ fils de Dieu ’ ne désigne jamais un enfant divin. Il fait référence à la proximité avec Dieu, et non à la divinité. ”

En revanche, la théologie chrétienne interprète souvent ce terme au sens littéral.
Cependant, la phrase hébraïque Bnei HaElohim est pluriel — fils de Dieu — ce qui rend l'interprétation singulière et incarnée incompatible avec le texte et avec la théologie juive.

Noyau thématique

À tous les niveaux d'interprétation, Bnei HaElohim partagent des caractéristiques communes :

AspectDescription
NatureLes humains du pouvoir (Pshat) ou des anges (Drash)
QualitéÉlevé — socialement, physiquement ou spirituellement
ÉchecAbus d'autorité, luxure ou orgueil
ConséquenceLa corruption de la société, menant au Déluge

Leçon centrale :

Le pouvoir, qu'il soit terrestre ou céleste, exige humilité et retenue éthique.
Le désir débridé et l'arrogance engendrent le chaos — un avertissement intemporel du monde d'avant le Déluge.

Conclusion

L'histoire de Bnei HaElohim Le passage de Genèse 6:2 n'est pas une simple mythologie, mais une profonde allégorie morale.
Que nous le lisions jusqu'au bout Pshat (corruption humaine) ou Drash (Chute angélique), le message est clair :

La grandeur sans discipline morale mène à la chute.

Le Néphilim — “ les déchus ” — symbolisent la tragédie du potentiel mal utilisé.


Leur histoire rappelle à chaque génération que La sagesse, le pouvoir et la spiritualité doivent être guidés par l'humilité et l'éthique., ou bien elles apporteront la ruine plutôt que la rédemption.

Par Angelique Sijbolts
Nous remercions le rabbin Tuvia Serber pour ses commentaires.




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