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LES LOIS NOAHIDES – UNE INVENTION RABBINIQUE POUR CONTRÔLER LES NON-JUS ?

Ce blog est un résumé écrit d'une leçon orale. Pour en saisir toute la profondeur, les nuances, la portée émotionnelle et les sources, il est fortement recommandé de visionner la leçon complète sur YouTube avant ou après la lecture.


Une ouverture nécessaire

Ce blog est un résumé écrit d'une leçon orale. Pour une compréhension approfondie, nuancée et pour accéder aux sources, il est fortement recommandé de visionner la leçon complète sur YouTube.

Avant de parler de théologie, de droit ou d'histoire, je dois dire ceci.

Il serait insensible, voire malhonnête, de parler d'engagements moraux et de dignité humaine sans reconnaître que le sang juif versé à Bondi Beach est, à l'heure où je parle, encore douloureusement présent dans les mémoires. Aujourd'hui, 14 décembre, un attentat terroriste a eu lieu à Sydney, en Australie, sur la plage de Bondi, pendant une cérémonie publique d'allumage de la menorah de Hanoukka et une célébration de bar-mitsva.

Outre les nombreux blessés et morts, les rapports font état d'au moins douze décès. Nous avons également perdu le rabbin Elie Schlanganger, émissaire du mouvement Chabad, qui supervisait l'allumage de la menorah. Près d'un millier de personnes s'étaient rassemblées, non seulement pour un rituel observé dans le monde entier, mais aussi pour un moment de joie, de lumière, de continuité et de célébration juives. Ce moment a basculé dans l'horreur.

D'une manière glaçante, on avait l'impression de revivre le 7 octobre, cette fois-ci ailleurs. Le monde actuel est confronté à un grave problème. Les Juifs ne peuvent plus se réunir publiquement et vivre leur judaïsme sans crainte. Allumer des bougies ce soir était difficile. Le faire comme si de rien n'était était impossible.

Baruch Hashem, Hanouka est un temps de joie. Mais ce moment de lumière juive a été violemment profané. Les noms des victimes sont encore en cours de recensement. Chaque victime était un être humain créé à l'image de Dieu, un monde entier.

Lorsque le sang juif est versé au grand jour, il ne s'agit jamais d'un simple événement local. C'est un signal d'alarme quant à l'état moral de la civilisation elle-même. Comme l'enseigne la Torah, le sang innocent crie et exige une réponse de l'humanité, comme il est dit : “ La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi ” (Genèse 4,10).

Ce qui suit n'est pas de la théologie abstraite. Il s'agit de savoir si la civilisation se souvient que la vie humaine est sacrée, même lorsque les Juifs se réunissent pacifiquement pour célébrer leur foi.


L'argument principal

D'où vient l'accusation ?

L'affirmation selon laquelle les rabbins auraient inventé les lois noahides pour contrôler les non-Juifs n'est ni nouvelle ni exacte. Elle s'appuie sur des conceptions théologiques bien plus anciennes, notamment les systèmes supersessionistes qui exigent que les alliances antérieures soient rejetées, délégitimées ou réinterprétées comme des inventions humaines.

Le modèle d'alliance de la Torah

La Torah présente un modèle très différent. L'humanité a reçu les commandements directement de Dieu par l'intermédiaire d'Adam, puis de Noé, bien avant l'existence d'Israël et bien avant le Sinaï. Cette alliance n'a jamais été révoquée. Le judaïsme ne la remplace pas, il la présuppose. Chaque patriarche et matriarche d'Israël a d'abord vécu comme un fils de Noé avant de se tenir au mont Sinaï.

Les lois noachides ne sont ni évoquées de manière vague, ni déduites de façon créative par des autorités postérieures. Elles sont énoncées directement dans la Torah elle-même, et plus particulièrement dans le chapitre 9 de la Genèse. L'interdiction du meurtre, par exemple, y est formulée explicitement, fondée sur l'idée que l'être humain est créé à l'image de Dieu. Cette alliance est scellée par un signe qui demeure visible pour toute l'humanité : l'arc-en-ciel, placé dans les nuages, symbole d'alliance entre Dieu et la terre.

Loi écrite et transmission orale

Une méprise fréquente alimente une grande partie des soupçons entourant l'alliance noachique. Beaucoup supposent que si quelque chose n'était pas écrit, cela a forcément été inventé plus tard. Cette supposition s'effondre dès lors qu'on comprend le rôle de la Loi orale. Tout ce qui a précédé le Sinaï a été transmis oralement. Abraham n'avait pas de rouleau de la Torah. Noé n'avait pas de tablettes. Pourtant, la Torah elle-même témoigne qu'Abraham a respecté les commandements, les statuts et les lois.

La Torah rapporte également que Noé reçut l'instruction de distinguer les animaux purs des animaux impurs, bien avant l'existence de tout code juridique écrit. Cela n'est possible que si Dieu le lui a enseigné oralement. Nos Sages ont résumé cette réalité en affirmant qu'Abraham avait accompli la Torah dans son intégralité avant même qu'elle ne soit révélée. Le Sinaï n'a pas inventé la loi ; il l'a diffusée et consolidée pour toutes les générations futures.

La supplantation et la nécessité de discréditer la Torah

Les traditions supersessionnistes se heurtent à un problème structurel avec ce modèle. Si la Torah est authentique et immuable, alors l'alliance d'Israël n'a jamais été révoquée et l'alliance de l'humanité par Noé demeure valide. C'est pourquoi les systèmes théologiques postérieurs affirment souvent soit que la Torah est obsolète, soit qu'elle a été corrompue. Le judaïsme rejette catégoriquement ces deux affirmations. La Torah elle-même déclare qu'on ne peut rien y ajouter ni en retrancher.

Contrôle ou responsabilité morale ?

Si les lois noahides avaient été conçues comme un mécanisme de contrôle, elles seraient pour le moins étranges. Elles n'exigent ni conversion, ni sacerdoce, ni intermédiaires, ni rituels, ni dépendance institutionnelle. Les observer ne requiert ni adhésion au judaïsme, ni fréquentation d'une synagogue, ni soumission à l'autorité rabbinique. Elles affirment simplement la responsabilité morale et la dignité de chaque être humain.

Le judaïsme était magnétique, non missionnaire.

Historiquement, le judaïsme n'a pas cherché à prosélytiser. Pourtant, un grand nombre de personnes y ont adhéré volontairement. Des sources antiques, dont Flavius Josèphe, décrivent des non-Juifs attirés par le monothéisme éthique juif et participant à la vie juive sans contrainte. Le judaïsme exerçait une attraction magnétique, non une démarche missionnaire.

Des alliances complémentaires, et non concurrentes

Le rôle d'Israël n'est pas de dominer l'humanité, mais de préserver et de transmettre la Torah. Ce rôle n'invalide en rien l'alliance des nations. Le judaïsme ne remplace pas l'humanité, et l'humanité ne remplace pas Israël. Ces alliances sont complémentaires, non concurrentes.

Les rabbins n'ont pas inventé les lois noachiques. Ils ont préservé, transmis et clarifié la plus ancienne alliance de l'humanité, une alliance qui demeure sous le même arc-en-ciel apparu dans le ciel après le Déluge.

Par le rabbin Tani Burton

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