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Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous découvrons les dernières années de Ya. Cette lecture contient un récit sur la crainte de Moïse et une leçon éternelle de confiance et de foi en Dieu. (D'après Likutei Sichot, vol. 36, p. 1)
Foi, confiance et crainte dans la paracha Shemot
Le début de l'exil et la question centrale
La paracha de cette semaine s'intitule Shemot, ce qui signifie “ Noms ”. Elle commence par les noms des Enfants d'Israël descendant du pays de Canaan vers le pays d'Égypte. C'est le début de l'exil, et la paracha explique ensuite comment tout converge vers la sortie de l'exil.
Dans la lecture de cette semaine, un récit concernant Moïse met en lumière la différence entre la foi et la confiance. Ces deux notions sont distinctes. De plus, dans ce récit, Moïse a peur, ce qui soulève une question importante : est-il bon d’avoir peur ? Dieu ne nous réserve peut-être pas une bonne surprise. La peur est-elle donc justifiée ?
On trouve d'autres exemples dans la Torah où de grandes figures ont éprouvé de la peur. Moïse lui-même eut peur plus tard, lorsqu'il dut affronter Sihon et Og, les rois des frontières d'Israël. Jacob craignit de rencontrer son frère Ésaü, qui voulait le tuer. Il est donc clair que la peur se manifeste même chez les plus grands.
Mais comment cela est-il possible ? Si Dieu a promis à Jacob que tout irait bien, pourquoi avait-il peur ? Avez-vous confiance en Dieu ou non ? Croyez-vous en Dieu ou non ? Que se passe-t-il ?
L'histoire de Moïse et de l'Égyptien
Pour comprendre tout cela, il nous faut examiner attentivement l'histoire.
Moïse grandit au palais du pharaon, roi d'Égypte. Un jour, il sortit pour voir ce qui se passait chez ses frères, le peuple juif. Il vit un Égyptien frapper un Juif. Il regarda autour de lui et, voyant que personne ne le regardait, il tua l'Égyptien et cacha son corps dans le sable.
Le lendemain, Moïse sortit de nouveau et vit un Juif qui tentait de frapper un autre Juif. Il lui dit : “ Pourquoi le frappes-tu ? ” L’homme répondit : “ Veux-tu me tuer comme tu as tué l’Égyptien hier ? ”
À ce moment-là, la Torah rapporte que Moïse eut peur, car l'affaire était connue. Peu après, Pharaon apprit que Moïse avait tué l'Égyptien et voulut le faire mourir. Moïse s'enfuit alors à Madian.
La question demeure : est-il normal d’avoir peur ? Si Dieu promet protection, comme dans le cas de Jacob, pourquoi avoir peur ? La peur est-elle un manque de confiance ?
Que signifie réellement la confiance ?
Pour comprendre cela, nous devons comprendre ce que signifie réellement la confiance.
Il existe un livre célèbre intitulé « Les devoirs du cœur » (Chovot HaLevavot). Il explique que la confiance en Dieu (bitachon) procure une parfaite tranquillité intérieure. La personne est calme, sereine et en paix, car Dieu agira pour son bien.
Mais d’où vient ce genre de confiance ? Comment une personne peut-elle rester vraiment calme lorsque la vie est faite de défis, de problèmes et de souffrances ?
Une explication possible est la foi. La foi, c'est croire que Dieu est l'essence du bien et qu'il fait toujours le bien. Même lorsqu'une situation est désagréable, on peut se dire que cela est peut-être dû à ses péchés, ou que cela est peut-être bénéfique pour soi d'une manière qu'on ne comprend pas.
Mais ce n'est pas vraiment de la confiance.
La confiance implique d'avoir la certitude absolue que Dieu agira pour mon bien selon ma propre conception du bien, et non seulement selon la sienne. Il ne s'agit pas de dire : “ Cette souffrance est en réalité bénéfique pour moi ”, mais plutôt : “ Dieu m'aidera d'une manière que je pourrai clairement percevoir comme un bienfait. ”
La confiance comme travail intérieur
La question se pose alors avec encore plus d'acuité. Comment peut-on en être aussi sûr ? Même sans le mériter, comment être certain que Dieu nous aidera ?
La réponse est que la confiance n'est pas passive. La confiance est un acte (avodah). C'est un travail.
La confiance ne consiste pas à rester passif, à se dire : “ Je suis détendu, Dieu s’occupera de tout ”, et à ne rien faire. Elle implique un travail actif sur soi-même pour remettre son fardeau à Dieu.
Il existe une histoire bien connue à propos du troisième Rabbi de Loubavitch, le Tzemach Tzedek. Un homme vint le trouver, accablé de nombreux problèmes et difficultés. Le Rabbi lui répondit : “ Pensez bien, et tout ira bien. ”
On entend souvent cela et on pense que cela signifie simplement avoir une attitude positive. Mais ce n'est pas ce qu'il voulait dire. L'idée est de remettre véritablement ses problèmes entre les mains de Dieu. Comme le dit le roi David dans les Psaumes : “ Remets ton fardeau à Dieu, et il te soutiendra. ”
Ce travail intérieur, cette confiance profonde, amènent Dieu à vous aider d'une manière que vous percevez comme bienveillante. C'est comme si Dieu disait : “ Cette personne se repose entièrement sur Moi. Je dois l'aider. ”
La peur de Moshe et ses conséquences
Revenons maintenant à l'histoire de Moïse.
La Torah indique d'abord que Moïse eut peur, et ce n'est qu'ensuite qu'elle mentionne que Pharaon apprit ce qui s'était passé. Selon une interprétation simple, c'est la peur même de Moïse qui causa le problème. Si Moïse n'avait pas eu peur, Pharaon n'aurait jamais rien su, et tout se serait bien passé.
Autrement dit, ce n'est pas le pharaon qui a provoqué la peur de Moïse, mais la peur de Moïse qui a incité le pharaon à écouter.
Explication de Rachi
Rachi, le principal commentateur de la Torah, ne veut pas dire que Moïse manquait de confiance en Dieu. C'est pourquoi, s'appuyant sur les Sages, il explique que Moïse craignait non pour lui-même, mais parce qu'il constatait la présence d'éléments mauvais au sein du peuple juif et qu'il doutait qu'ils soient encore prêts pour la rédemption.
Rachi préfère cette explication car il ne veut pas sous-entendre un manque de confiance envers Moïse.
Cependant, selon une lecture simple et directe des versets, Moïse avait peur au sens littéral du terme, et cette peur a eu des conséquences.
La leçon éternelle
Cela devient une leçon éternelle pour chacun d'entre nous.
La confiance, c'est avoir une tranquillité et une certitude absolues que Dieu vous fera du bien, même si vous ne le méritez pas. Mais cette confiance ne vient pas naturellement. Elle exige un travail intérieur. Elle requiert de s'entraîner à s'en remettre entièrement à Dieu.
Lorsque nous agissons ainsi sincèrement, nous ouvrons la porte à ce que Dieu nous aide de manières que nous pouvons clairement reconnaître comme bonnes.
Discours du rabbin Tuvia Serber
Le texte ci-dessus est une représentation du texte parlé converti en texte écrit.
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