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Parashat Tzav Le feu en toutes circonstances

La lecture de la Torah de cette semaine aborde, entre autres, le feu de l'autel du Temple. La Torah est un livre d'enseignements et de leçons valable pour tous les temps et tous les lieux. Quelle est la leçon à tirer du feu de l'autel ? (D'après Likkutei Sichot, vol. 1, p. 217)


Le feu qui ne doit jamais s'éteindre

La troisième lecture de la Torah de cette semaine s'appelle Tzav, Ce passage, qui signifie “ un ordre ” ou “ un commandement ”, fait suite à la lecture précédente, où Dieu donne des instructions sur la manière dont le service dans le Tabernacle (le Mishkan) doit être accompli. La lecture suivante poursuit ce thème en décrivant comment le travail dans le Tabernacle a réellement commencé.

Le Commandement du Feu Éternel

Parmi les nombreux détails de ce passage, il y a un commandement concernant le feu au-dessus de l'autel : ce feu ne doit jamais être éteint.

Curieusement, il n'y avait pas un seul feu sur l'autel, mais plusieurs. Nos Sages débattent même de leur nombre exact. Mais l'un d'eux devait brûler constamment.

La Torah insiste sur ce point de manière apparemment répétitive : elle ne dit pas seulement qu'il doit y avoir un feu sur l'autel, elle dit que le feu doit être continu, qu'il ne doit jamais s'éteindre.

Pourquoi cette répétition ?

Nos Sages expliquent que cette insistance particulière nous enseigne quelque chose de plus profond : cette flamme doit être entretenue même dans des situations où l’on pourrait penser qu’elle ne devrait pas s’appliquer.

Leçon numéro un : Même le jour du Shabbat

Nous savons que le Shabbat, il est interdit d'allumer un feu. La Torah ordonne explicitement qu'aucun feu ne soit allumé ce jour-là.

Pourtant, de cette répétition concernant le feu de l'autel, nous apprenons quelque chose de remarquable : même le jour du Shabbat, le feu sur l'autel doit continuer à brûler.

Autrement dit, ce feu prime même sur les lois strictes du Shabbat.

Leçon deux : Même dans l'impureté

La deuxième leçon est que le feu doit continuer à brûler même dans un état d'impureté rituelle.

Il existe des lois précises concernant les cas d'impureté, notamment lorsque la plupart des fidèles ou des prêtres (Kohanim) sont impurs. Cependant, même dans un tel état d'impureté (מצב), le feu de l'autel ne doit jamais s'éteindre.

Nous avons donc deux cas exceptionnels :

Le feu doit toujours subsister.

Pas seulement à l'époque, mais aussi aujourd'hui.

À première vue, cela semble être un commandement très technique relatif au Temple. Or, aujourd'hui, nous n'avons plus le Temple ; puisse-t-il être reconstruit rapidement de notre vivant.

Alors, en quoi cela nous concerne-t-il ?

Nos Sages enseignent que chaque détail de la Torah recèle un enseignement éternel.

Ils expliquent que le cœur humain est comme un autel. En effet, chaque partie du Temple correspond à quelque chose à l'intérieur du corps humain, et l'autel correspond au cœur.

Ainsi, lorsque la Torah dit qu'il doit toujours y avoir un feu sur l'autel, cela signifie :

Il doit toujours y avoir une flamme dans le cœur.

Le feu intérieur

Ce feu représente l'amour pour Dieu — l'enthousiasme, la passion et la vitalité dans notre manière de vivre notre vie spirituelle.

Lorsque nous étudions la Torah, lorsque nous accomplissons les mitsvot, lorsque nous nous connectons à quelque chose de plus grand, nous ne devrions pas le faire froidement ou mécaniquement. Il devrait y avoir de la chaleur, de l'énergie, un sentiment de vie.

Mais la Torah nous enseigne qu'il existe deux situations où une personne pourrait penser que ce feu est inutile.

Et c'est précisément là, insiste la Torah : le feu doit continuer à brûler.

Même pendant les moments de “ Shabbat ”

Le Shabbat représente un retrait du monde. Nous cessons de travailler, prenons du recul et nous recentrons sur nous-mêmes : sur la spiritualité, la compréhension et la connexion.

Sur le plan personnel, cela représente une compréhension intellectuelle.

Lorsqu'une personne se concentre intensément sur la compréhension — apprendre, réfléchir, analyser —, elle peut devenir calme, sereine, voire émotionnellement neutre. La compréhension est souvent comparée à l'eau : froide, mesurée, maîtrisée.

On pourrait penser :
“ Je comprends. J'apprends. Je sais ce que je fais. Je n'ai pas besoin d'excitation émotionnelle. ”

La Torah répond :
Même alors, le feu doit brûler.

Même si vous êtes un grand érudit, même si vous comprenez profondément, la passion et l'amour restent indispensables. Votre relation ne doit jamais se refroidir.

Même dans les moments “ impurs ”

En revanche, il arrive qu'une personne ressente le contraire.

On pourrait penser :
“ Si vous connaissiez mon histoire — ce que j’ai fait, où je suis allé — vous me rejetteriez. Je n’en suis pas digne. ”

Même dans un tel cas, la Torah dit :
Le feu ne doit pas s'éteindre.

Même si une personne se sent spirituellement éloignée, même si elle est encore en plein combat intérieur, l’amour de Dieu, le désir de se connecter, l’enthousiasme pour la croissance doivent rester vivants.

Dieu ne vous rejette pas.

Oui, il y a peut-être des choses à régler. Cela fait partie du chemin. Mais la flamme – le lien essentiel – doit toujours demeurer.

La leçon éternelle

De ce qui semble être un détail technique concernant l'entretien du feu sur l'autel, nous tirons une profonde leçon de vie :

N'éteignez jamais le feu intérieur.

Pas lorsque vous vous sentez élevé et compréhensif.
Pas lorsque vous vous sentez distant ou brisé.

En chaque מצב, en tout temps, en tout lieu—

Le feu doit continuer à brûler.

Discours du rabbin Tuvia Serber


Le texte ci-dessus est une représentation du texte parlé converti en texte écrit.

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