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Parashat Vayishlach

La lecture de cette semaine commence par un message de Jacob à son frère Ésaü, dans lequel il raconte avoir passé ses dernières années avec Lavan à Haran. Nos sages interprètent ce message d'une manière particulière, ce qui nous offre un enseignement important sur les priorités dans la vie. (D'après Likutey Sichot, vol. 1, p. 68)


La lecture de cette semaine s'intitule Vayishlach, Le livre de Jacob, qui signifie “ Et il envoya ”, commence par le récit de Jacob envoyant des émissaires à son frère Ésaü après vingt ans. Ésaü était très en colère contre Jacob pour de nombreuses raisons, et maintenant, après tout ce temps, ils allaient se revoir. En guise de préparation, Jacob envoie un message à Ésaü et lui fait parvenir un présent.

Le message que Jacob envoie est important. Il dit : “ J’ai vécu chez Laban, et maintenant je viens à toi pour trouver grâce à tes yeux. ” À première vue, ce message semble simple. Cependant, un examen plus approfondi des mots hébreux utilisés par Jacob soulève une question.

Jacob utilise le mot garti (גַּרְתִּי) pour décrire son temps avec Laban. Alors que garti Se traduisant par “ J’ai vécu ”, ce n’est pas le mot le plus courant qui aurait pu être utilisé. Pourquoi Jacob a-t-il choisi ce terme précis ? Les sages proposent quelques explications.

  1. Les implications du mot « être étranger » :
    Le mot garti partage une racine avec le mot ger (גֵּר), signifiant “ étranger ” ou “ inconnu ”. Jacob indiquait ainsi qu'il ne s'était pas assimilé à la famille de Laban ni à la société de Haran, et qu'il n'y avait pas pleinement adhéré. Il vivait là en marginal, sans s'être intégré à la culture locale.
  2. La valeur numérique de Garti :
    Les lettres hébraïques ont des valeurs numériques, et lorsque les lettres de garti Une fois additionnés, le total est de 613, ce qui correspond au nombre de commandements de la Torah. Jacob expliquait à Ésaü que, malgré sa vie chez Laban – un homme aux mœurs douteuses, dans une société corrompue –, il était resté fidèle aux commandements de Dieu. Il avait résisté aux influences de son entourage et s'était conformé à ses obligations spirituelles.

Cela soulève une autre question : pourquoi Jacob aurait-il jugé cette information importante pour Ésaü ? Après tout, Ésaü savait déjà que Jacob vivait à Haran depuis vingt ans. S’il avait voulu nuire à Jacob, il aurait pu agir bien avant cette rencontre. Alors pourquoi insister sur son statut d’étranger et son respect des commandements ?

Le message profond réside dans les priorités de Jacob. En déclarant vivre comme un étranger et rester fidèle à sa voie spirituelle, Jacob communiquait un aspect fondamental de sa vision du monde. Haran, telle que décrite par les sages, était un lieu de corruption, un lieu qui suscitait la colère divine. Y vivant, Jacob aurait facilement pu succomber au matérialisme et à l'immoralité. Pourtant, il choisit consciemment de se considérer comme un voyageur, un être de passage, et ne se laissa jamais aller à s'y sentir chez lui. Cet état d'esprit lui donna la force de demeurer dévoué à ses devoirs spirituels.

Ce principe se reflète dans une histoire concernant le Maggid de Mezritch, un grand chef et maître spirituel. Un homme riche rendit un jour visite au Maggid et fut surpris par la simplicité de sa demeure, dépourvue de meubles et de décorations raffinés. L'homme proposa d'acheter au Maggid de plus beaux meubles, mais celui-ci lui répondit par une parabole :

“ Vous êtes un homme d’affaires et vous voyagez souvent. Lorsque vous voyagez, emportez-vous tous vos biens et vos meubles avec vous ? ”

L'homme répondit : “ Bien sûr que non. Je voyage léger et je n'emporte que le nécessaire. Mes véritables biens restent à la maison. ”

Le Maggid expliqua : “ Dans ce monde, nous sommes tous des voyageurs. Ce n'est pas notre destination finale. Notre véritable demeure est là-haut, dans le royaume spirituel. Là, j'ai tout ce dont j'ai besoin. Ici, je vis simplement parce que je ne fais que passer. ”

Le message de Jacob à Ésaü reflète ce sentiment. Jacob se considérait comme un étranger à Haran, n'ayant jamais succombé à ses influences néfastes. Cette perspective lui a permis d'accomplir ses devoirs spirituels et de préserver son intégrité. En partageant cela avec Ésaü, Jacob ne se contentait pas de raconter son passé ; il démontrait la force et la lucidité qui lui avaient permis de s'élever au-dessus de sa condition. Il était désormais prêt à rencontrer Ésaü et même à l'aider à grandir.

La leçon est claire : connaître nos véritables priorités – comprendre que le monde matériel est secondaire par rapport au spirituel – nous permet de rester concentrés sur notre mission. À l’instar de Jacob, nous pouvons surmonter les épreuves de la vie sans perdre de vue l’essentiel. Il est important d’aborder les aspects les plus difficiles du service divin, car c’est dans ces efforts que nous accomplissons notre vocation ultime.

Commentaire sur la paracha du rabbin Tuvia Serber


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