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Parashat Vayishlach. Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous découvrons la rencontre, vingt ans plus tard, de Jacob et Ésaü. Jacob envoie des émissaires prendre des nouvelles d'Ésaü… Nos sages expliquent que ces émissaires étaient de véritables anges… (D'après Likutei Sichot, vol. 10, p. 100)


VayishlachAnges, mission et rester connectés au-dessus

La portion de la Torah de cette semaine, Vayishlach, s'ouvre sur le moment dramatique où Yaakov (Jacob) envoie des émissaires à son frère Ésaü Après vingt longues années de séparation, Jacob se retrouva enfin chez ses parents. Leurs adieux, loin d'être paisibles, furent marqués par la violence : Jacob s'enfuit de chez ses parents car Ésaü voulait le tuer. Il passa ensuite vingt ans chez Laban, où il épousa quatre femmes et eut onze fils et une fille.

Après toutes ces années, les frères sont sur le point de se rencontrer à nouveau. Jacob envoie des messagers en éclaireurs pour sonder les intentions d'Ésaü. Ils reviennent avec des nouvelles alarmantes : Ésaü approche avec 400 hommes armés. On comprend que Yaakov se prépare à ce qui pourrait être une confrontation violente : il divise son camp, prie et envoie des cadeaux.

Pourtant, la rencontre ne se termine pas par une guerre, mais par une un câlin et un baiser. Nos sages débattent encore de la sincérité de ce baiser et de la possibilité qu'Ésaü ait tenté de mordre Jacob. Quoi qu'il en soit, cette histoire est riche de sens.

Anges ou émissaires ?

La Torah utilise un mot précis et lourd de sens pour décrire les messagers envoyés par Jacob : מלאכים (malachim). En hébreu, ce mot peut signifier émissaires, mais c'est aussi le mot pour anges.

Rachi, commentateur classique français du XIe siècle, aborde directement cette ambiguïté. Il écrit simplement deux mots :

"מלאכים ממש”— “ littéralement des anges. ”

Rachi insiste sur le fait que Jacob n'a pas envoyé de messagers humains. Il a envoyé de véritables messagers. anges.

Le Maggid de Mezritch : une lecture plus approfondie

Le Maggid de Mezritch, Le rabbin Dov Ber, successeur du Baal Shem Tov, a offert une profonde explication mystique dans ses derniers jours.

Il a expliqué que le mot “ mamash ” (littéralement) a aussi une autre signification : l'aspect tangible et physique de quelque chose.

C’est dans cet esprit que le Maggid déclare :
Yaakov a envoyé seulement l'aspect tangible et physique des anges à Ésaü,
tandis que leur essence spirituelle demeurait en Yaakov.

Mais pourquoi Jacob aurait-il divisé les anges de cette façon ? Après tout, notre expérience nous apprend qu'on ne peut séparer le corps de l'âme. Leur séparation entraîne la mort. Et de fait, nous reconnaissons ce miracle chaque jour : après être allés aux toilettes, nous bénissons Dieu “ qui a créé l'être humain avec sagesse… et qui accomplit des merveilles ”. Une explication possible est que cette “ merveille ” fait référence au miracle de l'union du physique et du spirituel – deux opposés – en un seul être vivant.

Comment Yaakov aurait-il pu envoyer seulement le “ corps ” des anges ?

Corps en bas, esprit en haut

L'enseignement du Maggid ne porte pas sur la métaphysique, mais sur… notre mission.

La vie humaine, comme celle des anges dans l'histoire, a deux dimensions :

Nous avons été placés dans ce monde physique pour en faire un foyer pour la divinité — à travers le 613 mitzvot pour les Juifs, et les 7 lois noahides pour les non-Juifs et leurs nombreux détails.

Mais le seul moyen d'accomplir cette mission sans être englouti par les influences du monde est de vivre comme ces anges :
physiquement présent en bas, mais spirituellement connecté au-dessus.

Si les anges avaient rompu tout lien avec Jacob, explique le Maggid, ils auraient été affectés par l'atmosphère spirituelle négative d'Ésaü. Leur protection provenait du maintien d'un lien avec leur source.

Il en est de même pour nous. Nos corps interagissent avec le monde, mais notre identité intérieure — notre conscience, nos priorités, notre “ cœur et notre esprit ” — doit rester connectée au sacré.

Car une fois qu'une personne oublie son but spirituel — pourquoi elle est ici —, il devient facile de se laisser emporter par les distractions et les pressions du monde.

Là où vous pensez être, là vous êtes vraiment.

Le Baal Shem Tov a dit, comme chacun sait :
“ On trouve une personne là où se trouvent ses pensées. ”

Si votre conscience est liée à la divinité, ce lien vous façonne et vous protège, même lorsque vous naviguez dans le monde physique et face à ses défis.

Une question pour nous

Nous comprenons la mission. Nous sommes là pour agir, pour construire, pour élever.
Mais la question est :

À quel point nous sentons-nous connectés ?
Vivons-nous comme ces anges, enracinés dans les hauteurs tout en marchant sur terre ?
Notre “ mamesh ”, notre vie tangible, est-elle guidée par un noyau spirituel ?

Car notre succès dans le monde ne dépend pas seulement de ce que nous faisons, mais aussi de là où nos cœurs et nos esprits sont ancrés.

Discours du rabbin Tuvia Serber


Le texte ci-dessus est une représentation du texte parlé converti en texte écrit.

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