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UNE RÉFLEXION SUR LA PARACHAT KI TAVO 5784
Introduction
Dans ce blog, nous prenons note des lois juives en Deutéronome 26:1, où le peuple juif reçoit l'instruction d'apporter à Dieu les prémices des récoltes de la terre.
| 1 Et il en sera ainsi, lorsque tu seras entré dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne en héritage, que tu en auras pris possession et que tu y auras habité ; | א וְהָיָה, כִּי-תָבוֹא אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר ד' אֱלֹקיךָ, נֹתֵן לְךָ נַחֲלָה; וִירִשְׁתָּהּ, וְיָשַׁבְתָּ בָּהּ. |
| 2 Tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre que tu rapporteras du pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne ; tu les mettras dans un panier et tu iras au lieu que l'Éternel, ton Dieu, choisira pour y faire demeurer son nom. | ב וְלָקַחְתָּ מֵרֵאשִׁית כָּל-פְּרִי הָאֲדָמָה, אֲשֶׁר תָּבִיא מֵאַרְצְךָ אֲשֶׁר יד אֱלֹקיךָ נֹתֵן לָךְ–וְשַׂמְתָּ בַטֶּנֶא; וְהָלַכְתָּ, אֶל-הַמָּקוֹם, אֲשֶׁר יִבְחַר ד' אֱלֹהֶיךָ, לְשַׁכֵּן שְׁמוֹ שָׁם. |
Le terme מֵרֵאשִׁית (du premier) au verset 2 évoque le בְּרֵאשִׁית Au commencement (Genèse 1:1), les Sages enseignent que le but de la création est d'offrir à Dieu les premiers et meilleurs fruits de la terre. Le rôle des fruits est significatif de la Genèse 1 à 4. Adam reçut l'instruction de manger de tous les arbres du jardin, car manger leurs fruits était une façon de remercier et de louer Dieu pour sa création et de le reconnaître comme Roi. Caïn et Abel cherchèrent à exprimer leur gratitude envers Dieu par des offrandes.
| 3 Au bout de quelque temps, il arriva que Caïn apporta des fruits de la terre en offrande à l'Éternel. | ג וַיְהִי, מִקֵּץ יָמִים; וַיָּבֵא קַיִן מִפְּרִי הָאֲדָמָה, מִנְחָה—לַד'. |
| 4 Abel, de son côté, offrit aussi des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel agréa Abel et son offrande ; | ד וְהֶבֶל הֵבִיא גַם-הוּא מִבְּכֹרוֹת צֹאנוֹ, וּמֵחֶלְבֵהֶן; וַיִּשַׁע ד', אֶל-הֶבֶל וְאֶל-מִנְחָתוֹ. |
La différence dans les offres
Dieu accepta l'offrande d'Abel, mais pas celle de Caïn. Qu'est-ce qui rendit l'offrande d'Abel plus acceptable ? Le texte suggère que Caïn apporta simplement ce que la terre avait donné (הָאֲדָמָה – adama), sans y consacrer d'effort particulier. Abel, en revanche, offrit les premiers-nés (צֹאנ֖וֹ – tsono), ce qui exigea un effort considérable, du labeur et un investissement personnel. Abel n'offrit pas n'importe quel présent, mais les premiers-nés de son troupeau, ce qui lui procurait la plus grande joie.
Dans la Paracha Ki Tavo, les agriculteurs travaillèrent avec diligence tout au long de l'année : ils déblayèrent les pierres, labourèrent, semèrent, éliminèrent les impuretés et les parasites, arrosèrent, etc. Enfin, après tous leurs efforts, les prémices apparurent. Ces fruits, marqués d'un signe particulier, étaient apportés au Cohen dans le Temple, lieu que Dieu avait choisi pour demeurer. Contrairement aux autres offrandes, les prémices (bikkurim) n'étaient pas brûlées sur l'autel, mais remises directement au Cohen.
Objectif des prémices
Les sacrifices (korbanot) étaient destinés à rapprocher les hommes de Dieu, tandis que les prémices étaient censées élever le monde matériel. Elles symbolisaient la reconnaissance que, malgré les efforts, c'est Dieu qui pourvoit aux fruits, et que Lui rendre les meilleurs revendiquait Sa Royauté. Le but de la création est de reconnaître et d'affirmer Sa Royauté. Il ne peut y avoir de Roi sans serviteurs qui Le reconnaissent.
Ce n'est pas un hasard si cette paracha est lue durant le mois d'Eloul, période où le Roi est métaphoriquement présent, proche de ceux qui souhaitent le reconnaître et lui offrir leurs présents. Mais quels sont nos présents et nos fruits ?
Symbolisme des prémices
Les sept sortes de fruits offerts en offrande symbolisent les sept attributs d'une personne, tels que la bienveillance et la force. Nos attributs sont comme des arbres ; nous devons travailler dur pour les cultiver. Il nous arrive de faire de mauvais choix et de devoir tailler ou supprimer des branches – nous repentir – et nourrir les branches saines par l'étude de la Torah et du Moussar.
Pour développer de belles qualités, il nous faut investir du temps et des efforts. Lorsque nous réussissons et éprouvons des moments de joie et de fierté, c'est alors que nous devons offrir à Dieu nos “ prémices ” en signe de reconnaissance. Ce faisant, nous le reconnaissons comme le Roi de la Création et, en l'occurrence, le Roi des fruits spirituels.
Le rôle d'Israël
Le peuple juif, en tant que “ Fils Premier-né ” de Dieu, était destiné à accomplir le dessein de la création en reconnaissant Sa Royauté. Cette reconnaissance devait ouvrir la voie à une reconnaissance universelle de Dieu comme Roi. Les bikkourim (prémices) étaient présentés avec une bénédiction spécifique qui ne pouvait être prononcée qu'une fois toutes les tribus installées en Terre promise, environ quatorze ans après leur arrivée. Ceci contraste avec les bénédictions individuelles prononcées sur des objets du quotidien comme les pommes, le vin ou les parfums agréables, qui peuvent être récitées par chacun.
Le mot “ terre ” (eretz) est étymologiquement lié au mot “ volonté ” (ratzon). Lorsqu’Israël régnera pleinement sur la terre et alignera sa volonté sur celle de Dieu, il pourra offrir les prémices en tant que peuple uni, bénéficiant de bénédictions particulières. Ceci reflète la vocation plus large d’Israël : éclairer les nations par la lumière de la Torah, en leur enseignant comment développer leurs qualités conformément à la volonté divine.
Dans ce contexte, les prémices symbolisent le premier pas vers une reconnaissance universelle plus large de Dieu. Les croyants noachides, prémices de cette ère, représentent le début d'un processus plus vaste. De même que les prémices de la moisson symbolisent une récolte plus abondante à venir, ces Noachides marquent le début d'un afflux plus important de populations venues des nations. Ils viennent reconnaître et accueillir Dieu, accomplissant ainsi la prophétie faite à Zacharie.
| 9 Et l’Éternel sera roi sur toute la terre ; en ce jour-là, l’Éternel sera un, et son nom sera un. | ט וְהָיָה ד' לְמֶלֶךְ, עַל-כָּל-הָאָרֶץ; בַּיּוֹם הַהוּא, יִהְיֶה ד' אֶחָד–וּשְׁמוֹ אֶחָד. |
Après ces prémices, de plus en plus de gens des nations viendront, s'accrochant métaphoriquement aux tzitzit de l'homme juif. [2] Ils cherchent à apprendre à connaître Dieu. Cet afflux croissant signifiera l'accomplissement de la promesse divine et la réalisation de sa royauté universelle. En reconnaissant Dieu par leurs efforts, Israël ouvre la voie à une reconnaissance plus large de sa souveraineté, comme cela a été prophétisé.
À l'approche de cette période importante, réfléchissons à notre rôle dans cette grande vision, efforçons-nous d'améliorer nos qualités et œuvrons à accroître le règne de Dieu sur terre.
Par Angelique Sijbolts
Merci au rabbin Tani Burton pour ses commentaires.
Merci à B. Yaniger pour son inspiration.
Sources :
[1] À l'exception de l'Arbre de la Connaissance qui se trouvait au milieu du jardin, ce n'est pas qu'Adam et Ève n'aient jamais eu le droit de manger de cet arbre, mais ils auraient dû attendre le septième jour, le Shabbat.
[2] Le mot tzitzit (צִיצִית) se définit littéralement comme “ franges ” et fait référence aux cordons attachés aux coins du tallit, le châle de prière juif.
כֹּֽה־אָמַר֮ ד' צְבָאוֹת֒ בַּיָּמִ֣ים הָהֵ֔מָּה אֲשֶׁ֤ר יַחֲזִ֙יקוּ֙ עֲשָׂרָ֣ה אֲנָשִׁ֔ים מִכֹּ֖ל לְשֹׁנ֣וֹת הַגּוֹיִ֑ם וְֽהֶחֱזִ֡יקוּ בִּכְנַף֩ אִ֨ישׁ יְהוּדִ֜י לֵאמֹ֗ר נֵֽלְכָה֙ עִמָּכֶ֔ם כִּ֥י שָׁמַ֖עְנוּ אֱלֹקים עִמָּכֶֽם׃
Ainsi parle le Dieu des armées : En ces jours-là, dix personnes de nations et de langues s'empareront d'un Juif par un pan de son vêtement et diront : “ Laissez-nous aller avec vous, car nous avons entendu dire que le Dieu est avec vous. ”Zacharie 8:23)
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