Deux des éléments majeurs de la double portion de la Torah de cette semaine (Acharei Mot / Kedoshim, Lévitique 16-20) sont le service du Temple pour Yom Kippour (le Jour du Grand Pardon) et la liste des relations sexuelles interdites.

Lors de Yom Kippour, la lecture de la Torah du matin décrit le service du Temple dans le chapitre 16. La lecture de la Torah de l'après-midi de Yom Kippour traite des relations sexuelles interdites dans le chapitre 18.

Alors que la première de ces lectures L'une est raisonnable, l'autre semble totalement inappropriée. Yom Kippour marque la fin des Dix Jours de Pénitence qui débutent avec Roch Hachana (le Nouvel An juif). Cette période est précédée du mois d'Eloul, trente jours consacrés à la préparation des Fêtes solennelles. L'après-midi de Yom Kippour constitue le point culminant de ces quarante jours d'intense travail spirituel. Avons-nous vraiment besoin d'entendre, à ce moment si particulier, que nous n'avons pas le droit d'avoir de relations avec nos parents, nos frères et sœurs, ni même les animaux de la ferme ?

On retrouve un problème similaire au chapitre 19 du Deutéronome, qui traite des villes de refuge établies en Israël où les personnes ayant tué involontairement pouvaient fuir leurs proches en quête de vengeance. À l'origine, il nous avait été ordonné d'établir six villes de ce type (Nombres 35:9-15).

Mais ensuite, Deutéronome 19:8-9 parle d'une époque où le peuple d'Israël observera pleinement la Torah et où Dieu étendra pleinement nos frontières (Maïmonide dit que cela fait référence à l'ère messianique) – et nous devons établir trois villes de refuge supplémentaires !

Est-ce que cela a le moindre sens ? Dans cette future utopie messianique, les massacres seront rares. On pourrait envisager la suppression pure et simple des Cités de Refuge, ou du moins la réduction de certaines d'entre elles. Mais pourquoi en aurions-nous besoin de nouvelles ?

Alors, en ce jour le plus saint de l'année, pourquoi devons-nous être mis en garde contre l'inceste et la bestialité, et pourquoi a-t-on besoin de villes de refuge supplémentaires à l'ère messianique ?

Il s'agit fondamentalement du même problème. Après quarante jours de travail intérieur et l'atteinte de hauts sommets de croissance spirituelle à Yom Kippour, nous ne devrions pas avoir besoin d'être mis en garde contre des actes que nous n'envisagerions même pas, même dans nos pires moments, le reste de l'année. Et à l'ère messianique, où le monde vivra à un niveau spirituel optimal, nous n'aurons certainement pas besoin de davantage de villes de refuge pour les meurtres qui se produiront.

Dans les deux cas, le problème est de savoir comment se maintenir en équilibre une fois en hauteur. On voit toujours dans les films quelqu'un au bord d'un immeuble, entendant tout le monde crier : “ Ne regarde pas en bas ! ” Dans la réalité, c'est vrai. Si vous êtes en hauteur et que vous craignez de tomber, ne regardez pas en bas !

Mais dans le domaine spirituel, lorsqu'on a atteint de très hauts sommets, le grand danger est de se complaire dans la complaisance et de croire qu'on y restera éternellement. On pourrait commencer à croire à sa propre légende et penser qu'on a atteint le but et que tous ses anciens démons ont disparu à jamais. Quand il s'agit de maintenir ce niveau d'excellence, il est parfois très utile de prendre du recul ! Il faut réaliser qu'aucun lien magique ne nous retient là-haut et que, sans une vigilance extrême, on pourrait finir par commettre des actes terribles.


Par le rabbin Michael Skobac

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