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UNE RÉFLEXION SUR PARSHAT BEHAALOTECHA 5785
Quand les dirigeants posent des questions honnêtes
La paracha Behaalotecha commence sous le signe de la lumière : la menorah est allumée dans le Tabernacle. Mais rapidement, l’atmosphère change. Les Israélites se plaignent. Moïse est accablé. Une envie de viande se transforme en crise spirituelle et émotionnelle.
Au milieu de ce chaos, nous entendons quelque chose de surprenant. Moïse, le fidèle berger, dit à Dieu : Nombres 11: 21-22
| 21 Et Moïse dit : ‘ Le peuple au milieu duquel je me trouve est composé de six cent mille hommes à pied ; et pourtant tu as dit : Je leur donnerai de la viande, afin qu'ils en mangent pendant un mois entier ! | כא וַיֹּאמֶר, מֹשֶׁה, שֵׁשׁ-מֵאוֹת אֶלֶף רַגְלִי, הָעָם אֲשֶׁר אָנֹכִי בְּקִרְבּוֹ; וְאַתָּה אָמַרְתָּ, בָּשָׂר אֶתֵּן לָהֶם, וְאָכְלוּ, חֹדֶשׁ יָמִים. |
| 22 Si l'on immolait pour eux des troupeaux de moutons et de bœufs, cela leur suffirait-il ? Ou si l'on rassemblait pour eux tous les poissons de la mer, cela leur suffirait-il ?’ | כב הֲצֹאן וּבָקָר יִשָּׁחֵט לָהֶם, וּמָצָא לָהֶם; אִם אֶת-כָּל-דְּגֵי הַיָּם יֵאָסֵף לָהֶם, וּמָצָא לָהֶם |
Voici la réponse cinglante de Dieu :
| 23 Et l’Éternel dit à Moïse : ‘ La main de l’Éternel est-elle trop courte ? Tu verras maintenant si ma parole s’accomplira ou non. ’ | כג וַיֹּאמֶר ד' אֶל-מֹשֶׁה, הֲיַד ד' תִּקְצָר; עַתָּה תִרְאֶה הֲיִקְרְךָ דְבָרִי, אִם-לֹא. |
À première vue, cela ressemble à un moment de doute. Mais comme nous le verrons, la tradition nous invite à approfondir la question.
Pour aller plus loin : que demandait réellement Moïse ?
Nombre de commentateurs ont été frappés par cet échange. Mais au lieu d'y voir un doute théologique, ils proposent une interprétation plus nuancée de la situation.
1. Da'at Zekenim : Préoccupations pratiques, et non doute théologique
Moïse ne doutait pas des capacités de Dieu — il était aux prises avec le but. Pourquoi fournir autant de viande, sachant que cela mènerait probablement à des excès et deviendrait odieux aux yeux du peuple ? Il posait une question morale plus profonde : Cela va-t-il vraiment les aider ?
2. Ibn Ezra : Moïse ne s'attendait pas à un miracle
Le Ibn Ezra Il adopte une approche plus littérale. Il suggère que Moïse ignorait véritablement qu'un miracle était prévu. Il supposait que Dieu utiliserait des moyens naturels pour tenir sa promesse et ne comprenait pas comment cela serait possible.
Il ne s'agit pas d'un manque de foi en la puissance de Dieu, mais plutôt d'une supposition concernant la puissance de Dieu. mode d'action. Moïse pensait que le but était de justifier sa prophétie, et non d'accomplir un exploit surnaturel.
3. Ou HaChaim : plusieurs niveaux de préoccupation
Le Or HaChaim propose deux explications fascinantes :
- D'abord, Moïse ne remettait pas en question le pouvoir de Dieu, mais se demandait plutôt comment… un seul type de viande Cela pourrait satisfaire toutes les envies. Certains voulaient de la volaille, d'autres du poisson, d'autres encore du gibier. Il se demandait si une seule catégorie de viande suffirait à apaiser des désirs aussi divers.
- Deuxième, Or HaChaim interprète cette préoccupation comme portant sur la logistique de l'abattage et de la conservation de la viande. Jusqu'alors, les Israélites ne pouvaient consommer que les animaux offerts au Mishkan (Tabernacle). Moïse se demandait même s'ils pouvaient réellement manger la viande. pourrait Ils mangent librement leurs propres animaux — ce à quoi Dieu répond : ils en ont désormais la permission.
4. Rashbam et Rashi : une perspective juridique et narrative
Rashbam Moïse considère le problème comme d'ordre juridique : il suppose que nourrir autant de personnes avec les troupeaux disponibles nécessiterait soit une pertes humaines massives (pour réduire la population) ou un miracle — et il n'est pas sûr que le peuple le mérite.
Rachi, En revanche, il remarque que seuls ceux qui ont quitté l'Égypte — les 600 000 — se plaignaient, car ils se souvenaient du poisson qu'ils avaient trouvé en Égypte. Il souligne que public cible Moïse fait référence à.
5. Toledot Yitzchak : Non pas un manque de foi, mais des questions stratégiques
Toledot Yitzchak Il soutient que Moïse ne doutait pas, mais cherchait à comprendre. comment La parole de Dieu s'accomplirait. Il suggère même que le peuple possédait un cheptel abondant, mais que, du fait de l'obligation de faire passer tout abattage par le Tabernacle, ils ne pouvaient le consommer librement. Moïse souhaitait des éclaircissements : Dieu allait-il modifier les règles ? Allait-il miraculeusement fournir de la viande ?
Il propose également une interprétation psychologique : Moïse voulait retard la satisfaction de leurs envies, dans l'espoir d'éviter les conséquences mortelles de leur gourmandise.
Réflexion tissée : Quelle foi pratique-je ?
Ce qui se dessine, ce n'est pas le portrait d'un prophète en crise, mais celui d'un dirigeant qui ose questionner au service de la compassion, de la justice et de la vérité.
- Est-ce que je laisse de la place dans ma vie spirituelle pour les questions honnêtes ?
- Quand je vois quelque chose de difficile dans le monde — ou même dans la Torah —, puis-je me confronter à cette difficulté sans perdre la foi ?
- Peut-on faire la distinction entre douter de Dieu et se soucier profondément des conséquences ?
- Quand je suis appelé à diriger, est-ce que je me contente d'obéir, ou est-ce que je relève le défi avec cœur et esprit ?
Conclusion : Une foi qui pense, se soucie et pose des questions
Moïse ne doutait pas de la puissance de Dieu. Il s'interrogeait sur sa signification. Il prenait Dieu suffisamment au sérieux pour demander—se soucier du comment, du pourquoi et des conséquences.
Ce n'est pas de la faiblesse. C'est de la grandeur.
Dans un monde où l'on confond souvent certitude et force, Moïse nous présente un autre modèle : celui des vrais leaders – et des vrais chercheurs – capables d'admiration. et Ils continuent de poser des questions. Ils peuvent avoir des convictions profondes tout en les questionnant de manière responsable.
Que ce passage nous rappelle que la main de Dieu n'est jamais trop courte. Mais Il accueille le cœur qui désire comprendre ce que cette main tend vers nous.
Par Angelique Sijbolts
Nous remercions le rabbin Tani Burton pour ses commentaires.
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