Ha'azinu (Deutéronome 32 )

Vers la fin du livre de Haazinu, Moïse exhorte le peuple : “ …Appliquez vos cœurs à toutes les paroles dont je témoigne aujourd’hui contre vous, et que vous transmettrez à vos enfants, afin qu’ils veillent à accomplir toutes les paroles de cette Torah. », car ce n'est pas une chose vide pour toi, c'est ta vie, et c'est par là que tu prolongeras tes jours sur la terre où tu auras traversé le Jourdain, pour la posséder.”1 Rachi, citant le Sifri, explique que Moïse enseignait qu'il n'y a rien dans la Torah qui ne contienne une leçon précieuse. Il évoque un verset apparemment insignifiant de Toldot : “ Les fils de Lotan étaient : Hori et Hemam ; La sœur de Lotan était Timna.”2 Les Sages révèlent le contexte de ces paroles. Timna, descendante d'une famille royale, était déterminée à rejoindre la descendance d'Abraham. Rejetée par les Patriarches, elle devint la simple concubine d'Éliphaz, fils d'Ésaü. Ceci témoigne de la grandeur d'Abraham, puisque de grands chefs désiraient s'unir à sa descendance. Les Sages nous enseignent que cet exemple recèle un enseignement précieux.

Le Rav Moshe Feinstein s'interroge : quelle est la signification de cette leçon qui prouve que la Torah est pleine de sens ? Il écrit : “ Qu'importe pour nous que les rois non juifs aient souhaité que leur descendance rejoigne celle d'Abraham ou non ? » Il répond que cela nous enseigne une leçon essentielle : il ne faut pas désespérer en pensant que rien ne pourra aider ceux qui sont éloignés du chemin de la Torah. Au contraire, si une personne enseigne efficacement et agit de manière à témoigner de la grandeur du mode de vie selon la Torah, même les plus éloignés peuvent revenir à Dieu. Abraham fut exemplaire à cet égard ; il s'est efforcé d'enseigner les valeurs de la foi en un Dieu unique, et son exemple personnel a démontré la justesse de ses convictions. C'est pourquoi même les plus éloignés souhaitèrent rejoindre sa famille. Cela nous enseigne qu'il ne faut jamais perdre espoir que nos coreligionnaires juifs puissent revenir à la Torah s'ils sont exposés à ses merveilles.3

Super talmidei chachamim J'ai toujours saisi toutes les occasions d'imiter les efforts d'Abraham Avinu pour rapprocher les gens de Dieu, même lorsque l'espoir de réussite semblait mince. Le célèbre conférencier de la Torah, Rav Mendel Kaplan, s'efforçait de se lier d'amitié avec les Juifs laïcs et de les instruire chaque fois qu'il les rencontrait. Son engagement s'étendait même aux enfants : une secrétaire non pratiquante de la yeshiva avait un jour amené son fils de neuf ans au travail. Lorsque Reb Mendel vit le petit garçon jouer dans le couloir, il l'appela, lui montra un Chumash et lui demanda : “ Sais-tu ce que c'est ? ” “ Bien sûr ”, répondit le garçon, “ c'est une Bible. ” “ Non ”, répondit Reb Mendel, “ c'est un Chumash. ” Il prit alors deux chaises et s'assit avec le garçon pendant une heure, lui expliquant le Chumash d'une manière qu'il pouvait comprendre et apprécier. Plus tard dans la journée, quelqu'un lui demanda pourquoi il avait consacré autant de son précieux temps à un garçon de neuf ans. Reb Mendel répondit :, “ J’espère avoir semé une graine qui germera dans quelques années. ” 4 Ainsi, Rav Mendel refusa d'abandonner cet enfant simplement parce qu'il avait grandi dans un milieu laïque. Au contraire, il déploya des efforts apparemment vains pour étudier avec lui, conscient des conséquences possibles à long terme. Que ses efforts aient ou non porté leurs fruits importe peu. L'essentiel est de ne jamais perdre espoir et de tout mettre en œuvre pour faire découvrir positivement le judaïsme à un Juif non pratiquant.

L'histoire suivante illustre comment on ne peut jamais savoir quel aspect de la Torah peut finalement amener une personne à la techouva. Une jeune femme juive, issue d'un milieu totalement laïque, voyagea à travers le monde. Elle visita le Mur occidental et, sur place, on la persuada, non sans réticence, d'assister à un cours de Torah. Le sujet portait sur la mitsva de rendre les objets perdus. Le cours était plutôt intéressant, mais ne la convainquit pas de changer quoi que ce soit à sa vie, ni même de poursuivre les cours. Elle quitta donc Israël. Quelque temps plus tard, elle voyagea vers l'Orient et rejoignit une secte bouddhiste où elle devint l'élève d'un gourou. Un jour, alors qu'ils marchaient ensemble, ils virent un portefeuille par terre. Le gourou le ramassa et continua son chemin. Surprise, elle l'interrogea sur son geste et il répondit par la célèbre formule : “ Celui qui trouve garde. ” Soudain, elle se souvint du cours qu'elle avait suivi des mois auparavant, où une approche très différente avait été prônée. Elle comprit alors la subtilité de la leçon de Torah qu'elle avait apprise, qui illustrait la Torah appliquée aux objets d'autrui. Elle comprit alors que sa religion d'origine avait peut-être une part de vérité. Ce fut le début d'un cheminement qui la mena à renouer avec ses racines juives.

Un verset en apparence insignifiant nous a révélé une leçon essentielle : il ne faut jamais désespérer qu’une personne parvienne à reconnaître la vérité de la Torah. Cela nous oblige à tout mettre en œuvre pour semer les graines qui faciliteront ce retour.

Par le rabbin Yehonasan Gefen

NOTES

1. Devarim, 32:47
2. Genèse 36:22.
3. Darash Moshe, Haazinu, 32:47
4. ‘ Reb Mendel et sa sagesse ’, p. 258

PORTION HEBDOMADAIRE DE LA TORAH,

La lumière qui guide
par Rabbin Yehonasan Gefen

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