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UNE RÉFLEXION SUR PARSHAT KORACH 5785
Introduction : La rébellion dans le désert
En Bemidbar (Nombres) 16, On y découvre l'une des rébellions les plus violentes survenues lors de la traversée du désert par Israël.
| 14 De plus, tu ne nous as pas fait entrer dans un pays où coulent le lait et le miel, ni ne nous as donné en héritage des champs et des vignes ; veux-tu crever les yeux de ces hommes ? Nous ne monterons pas.’ | יד אַף לֹא אֶל-אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבַשׁ, הֲבִיאֹתָנוּ, וַתִּתֶּן-לָנוּ, נַחֲלַת שָׂדֶה וָכָרֶם; הַעֵינֵי הָאֲנָשִׁים הָהֵם, תְּנַקֵּר–לֹא נַעֲלֶה. |
Le soulèvement était mené par Korach, soutenu par Dathan et Abiram, fils d'Éliab. Mais qui étaient exactement Dathan et Abiram ? Qu'est-ce qui motivait leur colère ? Et que peut nous apprendre leur chute, non seulement sur la justice, mais aussi sur les dangers d'une ambition démesurée et d'une obsession matérialiste ?
Qui étaient Dathan et Abiram ?
Dathan et Abiram appartenaient à la tribu de Ruben, premier-né de Jacob. De par leur lignée, ils nourrissaient des aspirations naturelles au leadership. Mais au lieu d'utiliser leur potentiel pour servir le peuple, ils choisirent la confrontation et la manipulation. Sources midrashiques (Devarim Rabbah 2:29) les identifier comme les deux Hébreux qui se battent dans Exode 2, dont Moïse a essayé d'arrêter la querelle.
Leur rôle dans la rébellion de Korach fut crucial : tandis que Korach s'attaquait à l'autorité religieuse d'Aaron, Dathan et Abiram dirigèrent leur fureur contre le leadership de Moïse.
Déjà dans Exode 2:14 Ils l'ont interpellé : “ Qui t'a nommé chef et juge sur nous ? ”
Ce même ton rebelle réapparaît dans Nombres 16:14. Des commentaires tels que Chizkuni Or HaChaim expliquent que lorsqu'ils dirent : “ Crèveras-tu les yeux de ces hommes ? ”, ils accusaient Moïse de tromper le peuple en lui donnant de faux espoirs. À leurs yeux, il avait échoué dans sa mission et ils refusaient de reconnaître son autorité. Ils prétendaient même que le simple fait de ne pas avoir été conduits dans un pays où coulaient le lait et le miel était une raison suffisante pour le rejeter. Leur cynisme était sans bornes.
Pourquoi leur colère était mal placée
- Attentes déformées
Ils accusèrent Moïse de ne pas avoir tenu ses promesses. Mais en réalité, c'était le manque de foi du peuple lui-même — lors de l'épisode des espions — qui avait retardé l'entrée en Terre promise. Dathan et Abiram, au lieu d'assumer leur part de responsabilité dans ce retard, projetèrent leur frustration sur autrui. - Cynisme et mensonge
Chose choquante, ils ont décrit l'Égypte — le pays de leur esclavage — comme un “ pays où coulent le lait et le miel ”. Cette douloureuse déformation visait uniquement à discréditer Moïse. - Refus d'assumer ses responsabilités
Lorsque Moïse les convoqua par l'intermédiaire d'un émissaire, ils répondirent avec défi : “ Même si vous leur creviez les yeux, nous ne monterons pas ! ” Leur refus témoignait de leur mépris, non seulement envers Moïse, mais aussi envers tout le système judiciaire représenté par le Beit Din.
Comment ont-ils été tenus responsables ? Moïse leur a donné plusieurs occasions de dialoguer. Il a envoyé des messagers. Il les a exhortés. Mais ils sont restés inflexibles jusqu’au bout.
Finalement, ils furent engloutis vivants par la terre avec leurs familles – un châtiment dramatique et symbolique qui effaça leur rébellion de la surface de la terre.
Pourquoi la Terre ?
Pourquoi pas le feu ou le déluge ? Or HaChaim nous offre une perspective fascinante : lorsque Caïn tua Abel, la terre ouvrit sa bouche pour dissimuler le sang innocent. En guise de châtiment, cette “ bouche ” resta fermée. Mais lorsque Dathan, Abiram et Korach se rebellèrent, Moïse demanda à Dieu de rouvrir cette bouche ancestrale, non plus pour cacher l’innocence, mais pour rendre justice. La terre avait ainsi l’opportunité de réparer son erreur passée en engloutissant le mal au lieu de le dissimuler.
Une autre réflexion : Dathan et Abiram étaient obsédés par le matériel — le lait, le miel, l’abondance. Il était peut-être logique qu’ils soient engloutis par cette même terre qu’ils idolâtraient. Ils ont chuté dans le monde matériel auquel ils s’accrochaient désespérément.
Une leçon pour notre temps – L’enseignement du Rabbi de Loubavitch
Le Rabbi de Loubavitch, dans Sagesse quotidienne (Vol. 3, p. 307) révèle une dimension plus profonde de cet épisode. Il explique que la colère de Dathan et d'Abiram était ancrée dans des attentes matérielles non comblées : ils étaient obsédés par l'absence de la “ terre promise où coulent le lait et le miel ”.”
Le Rebbe nous avertit que cet état d'esprit est malheureusement trop répandu. Aujourd'hui encore, on abandonne ses idéaux lorsque ses désirs matériels ne sont pas comblés. La quête du confort, du luxe et du “ toujours plus ” peut obscurcir notre sens du devoir. Les biens matériels ne sont pas des fins en soi, mais des outils pour accomplir une mission plus élevée : faire du monde une demeure pour Dieu.
Que peuvent apprendre les Noachides de cela ?
Dathan et Abiram n'étaient pas des hommes ignorants. Ils étaient des figures influentes, mais ils ont choisi d'utiliser ce pouvoir pour semer la division, nourrir le cynisme et servir leurs propres intérêts. Leur histoire nous met en garde contre la critique destructrice et contre la perte de perspective spirituelle au profit de la réussite matérielle.
Bien qu'israélites, leurs enseignements sont universels. Les Sept Lois noachiques constituent le fondement moral de toute l'humanité. L'une de ces lois est la justice : bâtir des sociétés fondées sur l'équité et le respect de l'autorité légitime.
Dathan et Abiram ont montré ce qui se produit lorsque ces fondements sont ébranlés : lorsque le leadership est tourné en ridicule, que les responsabilités sont fuies et que le cynisme remplace la vérité. Il ne s’agit pas seulement d’un problème juif, mais d’un problème humain.
Évitons leurs erreurs en :
- Respecter un leadership ancré dans des valeurs éthiques, en particulier celui de rabbins orthodoxes dignes de confiance, capables de guider les Noachides dans l'observance des Sept Lois et de leurs détails.
- Exprimer ses préoccupations avec humilité et honnêteté, aborder les autres en privé et avec un désir sincère de compréhension.
- Utiliser les biens matériels comme carburant pour une mission spirituelle.
- Utiliser sa voix pour construire, et non pour diviser – en plaçant la croissance spirituelle, la justice et la responsabilité au-dessus de la colère ou des intérêts personnels.
Comme l'enseigne le Rabbi de Loubavitch, l'erreur de Dathan et Abiram fut de conditionner leur foi à la récompense matérielle. Leur désir d'une vie d'abondance a occulté leur véritable mission. Le Rabbi nous rappelle que l'abondance matérielle est une bénédiction, mais seulement lorsqu'elle est mise au service de Dieu, et non pour se substituer à Lui.
Par Angelique Sijbolts
Nous remercions le rabbin Tani Burton pour ses commentaires.
Sources :
- Matière grise II, “ Beit Din : Convocation à Beit Din ”
- Chizkuni et Or HaChaim sur Nombres 16:14
- Sagesse quotidienne, Vol. 3, p. 307 (Rebbe de Loubavitch)
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